C’est un électrochoc dont on saura en décembre 2015 s’il a vraiment fait bouger les Etats pour s’attaquer efficacement au réchauffement et limiter ses impacts. A un peu plus de deux ans de l’accord global de réduction des gaz à effet de serre, censé engager toute la communauté internationale dans le cadre du 21e sommet de l’ONU sur le climat que Paris doit accueillir, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a dressé vendredi à Stockholm un tableau alarmant de l’évolution climatique de la planète, plus sombre que ne l’était le précédent, en 2007.D’ici à 2100, la température moyenne devrait encore grimper de 0,3 degré à 4,8 degrés. Surtout, les scientifiques ont sensiblement revu à la hausse leurs prévisions sur la « montée » des océans. Le niveau des mers devrait augmenter de 26 à 82 centimètres d’ici à la fin du siècle par rapport à la moyenne 1986-2005. Il y a six ans, l’élévation attendue était comprise entre 18 et 59 centimètres. Mais il y a eu une accélération au cours de ces dernières décennies. Entre 1993 et 2010, l’eau a monté en moyenne chaque année de 3,2 millimètres. Ce n’est pas loin du double de ce qui a été constaté entre 1901 et 2010 (1,7 millimètre). Principale explication : sous l’effet du réchauffement, le phénomène de dilatation des eaux est plus marqué.