Selon la FAO, l’organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture, il faudra augmenter de 70 % la production agricole d’ici 2050 pour nourrir nos 9,5 milliards de bouches (7 milliards aujourd’hui). Comment produire  plus avec de moins en moins de terres arables disponibles ? Et si une des solutions ne venait pas de nos campagnes  mais plutôt de nos villes ….

Le microbiologiste américain Dickson Despommier, professeur de santé publique et environnementale à l’université Columbia de New York, est parti du constat suivant : Comment augmenter notre production agricole de 70% avec 80% de terres arables déjà utilisées tout en sachant que 80% de la population mondiale vivra en ville.

Alors quelles sont nos solutions ?

  • Raser les forêts?

Certainement pas !  Nos forêts tout comme nos océans sont des puits de carbone permettant ainsi d’absorber en partie les émissions de CO².

  • Développer la culture des OGM ?

Trop d’incertitudes et de polémiques gravitent autour des OGM, quelles sont les conséquences à long terme ? On n’en sait rien.

  • Manger des insectes ou des algues ? Pourquoi pas !

 A coup sûr c’est une des solutions mais pas LA solution

  • Développer l’agriculture urbaine ? Oui ça c’est une bonne idée.

Ces dernières années l’agriculture urbaine s’est fortement développée sous différentes formes : plantations sur les toits terrasse, sur les friches industrielles, les jardins partagés ou collectifs mais Despommier  estime que cela sera insuffisant pour répondre aux besoins. Alors pourquoi ne pas superposer des étages de culture dans le cœur des villes. Voilà qu’est né le concept de « ferme verticale ».

Quels en sont les avantages ?

Des rendements maximum tout au long de l’année, une arrivée à maturité des légumes en 12 à 16 jours permettant de 22 à 30 récoltes par an, une baisse de 95% des besoins en eau, aucun besoin de pesticides, une garantie bio et non OGM, et un recyclage intégral des nutriments non utilisés. Evidemment, la technique a besoin d’électricité, mais ces dépenses énergétiques sont compensées par le fait que les plantes poussent en pleine ville, à proximité des consommateurs, réduisant ainsi les besoins de transport et nos bâtiments seront à l’avenir moins énergivores qu’aujourd’hui.

« Comme Apple, nous sommes propriétaires du hardware, c’est-à-dire le design et l’architecture de la ferme, et du software, ici les algorithmes de croissance des végétaux »

Comment ça marche ? Plusieurs m² de surface cultivée mais pas un gramme de terre ni aucun rayon de soleil. Il s’agit d’un immeuble où des fruits et légumes sont cultivés à grande échelle et empilés. Les végétaux y poussent par hydroponie (hors sol), sur un substrat – sable, billes d’argile, laine de roche, etc. – irrigué au goutte à goutte par une solution composée d’eau distillée et de nutriments.

Aeorofarm, le « Apple » de l’agriculture

En plus ces fermes sont « intelligentes ». L’entreprise AEROFARM va ouvrir cette année la plus grande ferme verticale au monde avec ces 6500 m² à New York où comme elle le dit si bien  « Comme Apple, nous sommes propriétaires du hardware, c’est-à-dire le design et l’architecture de la ferme, et du software, ici les algorithmes de croissance des végétaux »

« Depuis dix ans, nous développons des algorithmes de croissance de plus de 250 légumes si bien que nous pouvons enregistrer en temps réel tous les besoins en nutriments et en eau des plantes selon leur stade de croissance, expose Marc Oshima, co-fondateur et directeur marketing d’AeroFarms. Nous pouvons ainsi donner tout ce que la plante veut, au moment où elle en a besoin, là où ça lui est le plus utile ».

Les fermes verticales sont à coup sûr une des solutions pour résoudre le problème de l’alimentation cependant aucune analyse détaillée n’a encore été réalisée pour démontrer qu’elles seraient plus rentables que les cultures classiques. «Ces fermes produisent aujourd’hui en trop petites quantités pour être compétitives», souligne André Torre, directeur de recherche à l’Inra AgroParisTech. La solution consisterait en des bâtiments mixtes, qui hébergeraient à la fois des potagers, des logements et des bureaux. Les promoteurs immobiliers bénéficieraient ainsi d’un meilleur retour sur investissements.

D’autres solutions comme agroforesterie et la permaculture devront être développées.